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Les procÉdÉs secrets pour la culture du ch'i


(Instructions données par le bouddha vivant Lian-sheng au village de l'Arc-en-ciel, à l'occasion d'une cérémonie automnale de bardo qui eut lieu au temple Ling Shen Ching Tze, à Seattle, le 4 septembre 1999.)

Vénérons d'abord le bonze Liao-ming, le gourou Shakya Cheng-kung, le gourou Thubten Tærchi et Karmapa.

Maintenant, il est déjà dix-sept heures quinze, si le dîner commence à dix-huit heures, il ne nous reste pas beaucoup de temps pour parler, il faut en plus donner l'onction, ainsi que faire la vente de charité. Préférez-vous que je parle un peu, moyennement ou longuement ? (L'assistance dit en applaudissant de parler plutôt longuement.) Le temps est précieux, si je parle un peu plus longtemps, vous allez avoir faim. En plus, si le temps vous dure, vous allez vous lever pour bouger, pour faire des mouvements (l'assistance rit).

Tout à l'heure, lorsque le maître Lian-bao a enseigné la méthode du joyau merveilleux, il a dit que j'allais y ajouter encore quelques mots. En considérant la situation, je donnerai un complément d'instruction la prochaine fois, (l'assistance rit) parce que je voudrais parler des procédés secrets pour la culture du ch'i.

Dans le bouddhisme tantrique, la soi-disant culture du ch'i consiste à cultiver le cœur et le souffle. Le ch'i et le souffle sont la même chose. Cultiver le cœur et le souffle vous permet de prouver le corps du Bouddha, le corps du Tathâgata. Cela vous permet de comprendre et d'acquérir la sagesse foncière qui est la sagesse primitive, originelle, fondamentale, initiale : on peut dire que c'est la sagesse du Bouddha. Elle est très profonde et subtile.

Jadis, quand le révérend maître a instruit des procédés secrets et des points capitaux, il les a enseignés en temps ordinaire et en ordre dispersé. Qu'est-ce que l'enseignement en ordre dispersé ? C'est que les points essentiels ne sont pas entièrement révélés. Si vous les aviez entendus avec attention, vous pourriez en comprendre le sens hors du sens. Comme c'est avec inattention, vous les avez donc ignorés. C'est pourquoi je parle de l'enseignement en ordre dispersé, l'instruction éparse, l'éducation facile. Si l'attention manque, il n'y aura donc pas de récolte.

Aujourd'hui, c'est différent. Je vais vous révéler ce qui est le plus important. Alors, j'en parlerai de façon simple et viendrai à l'essentiel. Je ne veux pas discourir trop longtemps, jusqu'à ce soir, à minuit, sans même prendre la collation de minuit, (l'assistance rit) parce que cela pourrait être expliqué pendant trois jours et trois nuits. Une semaine, un mois ou même une année, ce n'est pas long pour un tel sujet. Donc, en ce temps court d'enseignement, si vous l'avez déjà appris, essayez de saisir attentivement ce dont je vais parler, vous pourrez ainsi concevoir les points capitaux et les procédés secrets ; il est certain que vous l'acquerrez. Si vous ne l'avez jamais étudié, jamais appris, ce sera plus embêtant, car il vous faudra suivre fort attentivement toutes les méthodes de la culture du ch'i.

Je commence par l'enseignement du ch'i du Vase précieux (bao ping ch'i) qui est le plus important. Tout le monde sait que le ch'i du Vase précieux consiste à faire descendre le ch'i supérieur, monter le ch'i inférieur, tourner et unir ces deux ch'i : voilà le ch'i du Vase précieux. Beaucoup de monde le sait déjà. Le ch'i supérieur se dirige vers le bas, tout le monde en est déjà instruit. Faire monter le ch'i inférieur, c'est faire se contracter l'anus. Dès qu'il s'est contracté, le ch'i inférieur s'élève, le ch'i supérieur descend, et tous les deux s'unissent : voilà le ch'i du Vase précieux.

Mon maître m'avait dit autrefois que si on inspire une bouffée d'air et si on la fait pénétrer dans le corps, il se peut que les canaux du corps s'ouvrent et que le ch'i rentre dans chacun d'eux ; si on expire une bouffée d'air, les canaux peuvent se contracter et se fermer. Retenez votre souffle à l'endroit situé au-dessous du tan-t'ien (le champ de cinabre). Pourquoi retenir son souffle ? La question se trouve là. Beaucoup de monde demande pourquoi ? Pourquoi le retenir pendant deux minutes ? C'est pour ouvrir tous les canaux d'énergie. Cela est un secret de la réussite. En voilà la raison : pendant que vous retenez votre souffle, tous vos canaux d'énergie s'ouvrent, et le ch'i y pénètre donc facilement. Plus vous le retenez longtemps, plus vos canaux d'énergie restent ouverts ; cela est un secret de la réussite. Vous ne comprenez pas pourquoi il faut retenir votre souffle pendant deux minutes ? Pourquoi simplement l'inspiration -ouvrir les canaux - et l'expiration -se contracter les canaux - ne suffisent pas ? Car retenir son souffle, c'est justement faire que les canaux d'énergie continuent à s'ouvrir et que tous les ch'i remplissent votre corps tout entier. L'important se trouve exactement là.

Voici le plus important procédé secret du ch'i du Vase précieux : au dernier moment de la retenue de votre souffle, quand vous ne pouvez vraiment plus le maintenir, n'expirez pas, mais inspirez encore avec force une bouffée d'air. La plupart des gens, ne pouvant plus retenir leur souffle, l'expirent alors. Le plus important procédé secret, c'est que lorsque vous ne pouvez plus le conserver, inspirez encore une bouffée d'air et propulsez-la pour que tous les souffles retenus pénètrent dans le canal central. Voilà le procédé secret qui a été transmis par mon maître.

Comment le ch'i pénètre-t-il dans le canal central ? Car le ch'i extérieur appartient au ch'i du karma, il devient alors dans le canal central le ch'i de la sagesse. Faire rentrer le ch'i dans le canal central est la plus importante pratique du bouddhisme tantrique. En effet, le ch'i qui est rentré dans le canal central est en mesure de cultiver le Feu inhabile, d'ouvrir les Cinq Roues, de manifester la joie, d'obtenir la lumière, de prouver la sagesse du Bouddha. En conséquence, le plus important procédé secret se base sur cette dernière inspiration d'air. Si vous retenez votre souffle depuis déjà très longtemps et que vous ne pouvez vraiment plus le maintenir, inspirez encore avec force une bouffée d'air et propulsez-la, faites en sorte que tous les souffles pénètrent par la pression dans le canal central, y circulent ensuite, se rassemblent dans la Roue du cœur et l'ouvrent. Ils se répandent jusqu'à l'épiderme, à tous les pores d'où se diffuse une lumière. Puis laissez sortir tous les souffles ; cela est la dispersion finale du ch'i. Ce procédé secret permet à ceux qui cultivent le ch'i du Vase précieux de comprendre comment ce dernier rentre dans le canal central et pourquoi à ce moment il y en a encore plus qui y pénètre. C'était mon maître qui l'avait révélé. Cela est donc un procédé secret (applaudissements) ! Ce dont j'ai parlé pour le moment sont tous des points essentiels !

Le second thème à traiter, c'est le Feu inhabile. On sait que le samâdhi du Feu inhabile de Vajravahari et les Six Doctrines de Nâropa (Näro Chödrug) ont rapport au Feu inhabile. De toute façon, vous devez allumer votre Feu inhabile. De quoi dépend le Feu inhabile pour s'illuminer ? Du ch'i du Vase précieux. Le ch'i du Vase précieux est extrêmement important. Si vous ne cultivez pas votre ch'i du Vase précieux, vous n'aurez pas de Feu inhabile. Quelle est la procédure préalable pour engendrer le Feu inhabile ? On pratique les neuf rythmes de la respiration bouddhique avant d'entrer dans la méditation, n'est-ce pas ? Les neuf rythmes de la respiration bouddhique sont très importants, c'est exactement le souffle de bouddha qui circule dans votre corps, c'est-à-dire que vous cultivez votre souffle. Parlons des neuf rythmes de la respiration bouddhique, c'est un thème facile à traiter ! Pour la respiration : le souffle rentre par la narine gauche et sort par la narine droite. Ça, c'est l'un des neuf rythmes de la respiration bouddhique. Le Feu inhabile est très important, mon maître me l'avait dit autrefois. Milarepa se servait du mudrâ des Six Fourneaux. Ce mudrâ est parfois difficile à appliquer à cause de la position des pieds. (Le maître vénérable fait une démonstration : ses deux pieds se croisent contre son ventre, ses deux mains se croisent en embrassant étroitement ses deux pieds.) Cette position assise ne dure pas longtemps car il est bien difficile de les garder serrés fermement. Vous pouvez vous servir d'une lanière de contemplation, telle celle qui est utilisée dans l'école du zen, pour attacher vos pieds en position de lotus, cela peut aussi aller avec une khata (l'écharpe de félicité) ! C'est-à-dire que vos pieds et votre corps sont liés ensemble, fermement serrés ; il vous faut aussi utiliser une lanière pour que vos mains croisées pressent fortement contre votre tan-t'ien, avec la respiration complète.

Il faut allumer le Feu inhabile. Ses procédés secrets sont : l'appui, la friction, la torsion, la pression, tous sont en mesure de le faire se manifester. Si vous ne l'appuyez pas, ne le frottez pas, ne le tordez pas, ne le pressez pas, le feu sera difficile à allumer. Puisque vous le pressez, en utilisant votre ch'i, il s'élèvera encore plus facilement, il aura plus de force pour faire le demi-mot “Ah”, produire de la chaleur, de la lumière, des flammes et devenir rouge. Il faut absolument concevoir ce genre de procédé secret : vous devez le faire chauffer, le faire s'allumer, le faire donner de la lumière, le faire rougir.

Y a-t-il un moyen qui vous permet de faire du Feu inhabile ? Si vos deux mains le frottent, il peut engendrer de la chaleur, vous pouvez donc frotter la partie inférieure de votre tan-t'ien. Mais il ne faut pas blesser votre peau par la friction, je n'en prendrai pas la responsabilité (le maître vénérable rit). Je vous demande de le frictionner, mais sans le blesser. À l'aide du frottement, vous lui faites émettre de la chaleur. En vous servant de votre pensée et du ch'i de votre respiration complète, vous pouvez utiliser le frottement, la friction ou la torsion. La torsion, c'est pour la Roue du nombril. Au moyen de la torsion, vous pouvez ouvrir la partie inférieure de votre nombril en sorte que le feu s'allumera.

Mon maître m'avait aussi instruit ceci : en hiver, on porte un sac thermogène, n'est-ce pas ? Il est bien chaud. Pourquoi ne le posez-vous pas sur l'endroit concerné pour que le Feu interne, la chaleur interne, se produise lui-même, elle-même ? Cherchez des moyens de produire à cet endroit-là une chaleur, en soufflant le Feu interne par la respiration complète, et en le visualisant tous les dix respirations complètes. Le tan-t'ien chauffe d'abord, la partie inférieure chauffe ensuite ; après, c'est la Roue du nombril, la Roue du cœur, la Roue de la gorge et finalement la Roue de la glabelle ; et cela compte pour une fois de l'exécution. On s'y entraîne avec constance, on s'exerce avec une forte persévérance. C'était mon maître qui m'avait instruit de le presser, de le frictionner, de le frotter, même d'utiliser un sac thermogène. Si je ne nous l'apprends pas aujourd'hui, vous aurez beau l'appliquer, vous efforcez de vous y entraîner, le souffle descendant et montant en dix respirations complètes, vous vous sentirez pourtant de plus en plus froid. Sous la pluie hivernale de Seattle, vos mains et vos pieds resteront toujours glacés, tout votre corps n'aura aucune chaleur, et vous ne la sentirez pas (le maître vénérable rit). Il faut impérativement faire apparaître la chaleur interne. Mon maître m'avait enseigné beaucoup de méthodes. Le sac thermogène est très chaud, dès qu'il s'est posé, elle se produit donc (l'assistance rit). C'est le procédé secret (applaudissements) !

Lorsque votre corps est réchauffé, vous pouvez sentir la tranquillité et la joie ; s'il est faible et froid, vous avez certainement une sensation de froideur. Si le corps renferme de la chaleur interne, elle s'élèvera évidemment. Avec vos respirations, à l'aide des méthodes secondaires, faites apparaître la chaleur interne. Ne savez-vous pas utiliser le frottement ? Ah, le frottement peut engendrer la chaleur ! La chaleur extérieure guide la chaleur intérieure, à la fin, votre respiration, parce qu'elle traverse un endroit très serré, y fait donc apparaître la chaleur. Je dis à tout le monde qu'il faut que la chaleur interne s'élève absolument. C'est un point très important.

Il y a un problème, je vous l'explique ici : bien des gens ont dit que lorsque les femmes pratiquent la méthode de la chaleur interne et visualisent le Feu inhabile qui se trouve au-dessous du tan-t'ien, que faut-il faire si elles ont leurs règles ? Quand j'étais étudiant, mes collègues féminins disaient souvent au professeur qu'elles devaient prendre un congé. Que se passait-il ? Elles prenaient un congé chaque mois, qu'est-ce qu'il y avait ? Les garçons n'avaient pas besoin de prendre un congé, mais les filles étaient absentes alternativement, chacune à leur tour ; c'étaient les règles. Les enfants ne le comprennent probablement pas ; les adultes en sont quasiment tous conscients ! C'est très embêtant ! Si la pratique se déroule en période de règles, il arrive parfois que l'écoulement sanguin ne cesse pas parce que la chaleur interne circule en roulant dans le corps, et plus elle roule, plus les écoulements sont abondants. Que faut-il faire ?

Beaucoup de monde m'a demandé si l'homme connaît ou non des écoulements. Il en a aussi. Parfois, il se trouve mou et fatigué et a l'air mal. Pourquoi se sent-il mal ? Il se lève en pleine nuit pour laver sa couette. Ceux qui ont été à l'armée sont au courant ! Vous avez dessiné une carte, n'est-ce pas ? (Le maître vénérable rit.) Vous avez dessiné une carte sur la couette, vous vous êtes donc levé en pleine nuit pour laver votre couette, pour la rendre propre, car il n'est pas idéal de la laver dans la journée, ainsi que vous ne vous montrez pas dynamique le lendemain, lors de l'entraînement militaire, vous n'avez pas d'entrain. Les garçons eux aussi ont un problème, que faut-il faire ?

Mon maître m'avait enseigné : couper ! Si on l'arrête dès le plus jeune âge, la sécrétion ne s'écoulera pas. Les garçons n'auront pas d'écoulement, les filles non plus. Mais, en l'absence des règles, les femmes peuvent-elles concevoir un enfant ? Cette question, vous devez la poser au médecin (l'assistance rit). Celui-ci dit qu'elles sont jeunes et belles si elles ont des règles ; elles vieillissent rapidement si elles n'en ont pas. Vous allez dire : “Je ne pratique pas cette méthode. Avec une telle conséquence, pourquoi la suivrait-on ? Elle fait vieillir.”

Suivant le bouddhisme tantrique, dans votre jeunesse vous pouvez arrêter les écoulements en utilisant une certaine méthode, vous resterez pourtant jeunes et ne vieillirez pas. Je ne sais pas trop s'il y a une contradiction avec la médecine. Dans la jeunesse, quoi qu'il en soit, les garçons n'éjaculent plus, et les filles n'ont plus de règles. Dans le taoïsme, c'est précisément couper le dragon vert et le tigre blanc. Pour cela, il me faut vous instruire quelque procédé secret.

Certains garçons sont comblés en quinze jours : la suffisance appelle le débordement. Le Livre canonique des trois mots dit : “La suffisance appelle la ruine.” Ce qui est plein déborde naturellement. Ce qui est vide se remplit petit à petit jusqu'à être plein, et à la fin, ouah ! ils se lèvent en pleine nuit pour laver leur couette. Pour les filles ? C'est périodique. Dès que le terme arrive… En réalité, certains garçons sont aussi dans la phase périodique. Cyclique, périodique : l'éjaculation est périodique.

Je dis à tout le monde, c'est une partie de la méthode du non-écoulement, une partie seulement. Je vais vous apprendre un simple procédé secret. Après votre retour, il vous suffira de le mettre à exécution, vous vous exercerez avec efforts, ainsi les jeunes hommes et les jeunes filles ne s'ennuieront plus dorénavant (applaudissements). Mais pour les femmes de plus de cinquante ans ! Désolé ! Sorry ! Car, autour de la cinquantaine, votre ménopause sera survenue. Même si vous voulez avoir vos règles, elles ne viendront pourtant pas, car vous n'en avez plus depuis déjà longtemps.

Beaucoup de monde m'a posé cette question-là. Originellement, je n'en aurais pas parlé, car c'est un procédé secret extrêmement ésotérique. Il doit s'interrompre, s'arrêter doucement. Au début, il y a un écoulement tous les deux mois, ensuite tous les trois mois, et après tous les six mois, un écoulement par an, puis à plusieurs années d'écart, et après encore il n'y en aura plus du tout. Durant cette période bien courte, si vous cultivez avec persévérance le Feu interne, l'arrêt de l'écoulement sera certain. Pour les femmes, les règles n'existeront plus ; pour les hommes, il n'y aura plus d'éjaculation dans leurs rêves. Cependant, rappelez-vous bien qu'il faut joindre la purification de votre parole et la purification de votre pensée. Ces deux éléments sont très importants. Vous ne pouvez pas laisser vagabonder votre imagination et vous servir du Feu provenant du tan-t'ien en frottant, en frictionnant n'importe comment, cela n'est pas admissible. La pensée doit être purifiée. Ce n'est pas parce que l'on a pratiqué la méthode du non-écoulement que tout devient purifié. Vous devez édifier très haut votre digue de sorte que les calamités du fleuve Bleu et du fleuve Jaune seront empêchées, que toutes ne se produiront pas. Je vais vous dire les procédés secrets, c'est très simple.

Les garçons visualisent le mot “Rom” de couleur blanche qui se trouve dans la Roue Svâdhishthâna (située à la racine des organes génitaux), les filles visualisent le mot “Rom” de couleur rouge qui est dans la Roue Svâdhishthâna. Au petit matin, après que vous vous êtes levés, vous restez assis en tailleur pour cultiver le ch'i du Vase précieux. Après cela, vous visualisez (pour les garçons) que le mot “Rom” de couleur blanche se trouve dans la Roue Svâdhishthâna et (pour les filles) que le mot “Rom” de couleur rouge se trouve dans la Roue Svâdhishthâna, les deux mains faisant le mudrâ des Poings serrés, (le pouce posé dans la paume, les quatre doigts l'appuient), en le plaçant au niveau de la Roue Svâdhishthâna. Soulevez ce mot “Rom” avec un souffle, prononcez “Rom” en face du ciel, le mudrâ des Poings serrés frappe en s'étendant avec la plus grande force vers le ciel. Il se peut que le corps entier bondisse. Lors de la prononciation du “Rom” , vous visualisez que le Point lumineux de couleur blanche s'élance du canal central d'énergie vers l'espace, vous le conduisez ensuite pour qu'il rentre. La main droite tape trois fois l'aisselle gauche, la main gauche tape trois fois l'aisselle droite, vous ramenez ensuite le mot “Rom” ; tapez vos hanches trois fois, et ramenez encore le mot “Rom” à la Roue Svâdhishthâna. Vous recommencez une deuxième fois, il s'élève encore, avec une très grande force ! “Rom !” Il arrive dans l'espace. Le mot “Rom” s'élance de la Roue Svâdhishthâna vers l'espace. Il vous suffit donc de l'effectuer de cette manière (applaudissements). Ensuite, ramenez le mot “Rom” à la Roue Svâdhishthâna.

Chaque matin, après que vous vous êtes levés, vous cultivez le ch'i du Vase précieux. Vous appliquez ensuite le Point lumineux de couleur blanche ou rouge, vous le faites s'élancer par le canal central en dehors de la voûte crânienne, et vous le ramenez après. Ramenez-le toujours après qu'il est sorti. Je vous signale : non seulement vous aurez une absence de règles, mais encore vous n'aurez plus d'écoulement de liquide blanchâtre et votre vertex sera même ouvert (applaudissements). C'est aussi la méthode de P'owa (méthode de l'ouverture du vertex). Tout ça est un important procédé secret. Très important, extrêmement important.

Mon maître l'avait dit autrefois, si vous vous cultivez ainsi, vous faites en sorte que votre Point lumineux ne s'écoule pas, et bien rapidement votre Feu inhabile tournera dans votre tan-t'ien comme un vent violent, votre Feu inhabile se produira facilement et la chaleur interne apparaîtra aisément. Si aujourd'hui vous perdez la bodhi blanche ou la bodhi rouge, comment le Feu inhabile s'allumera-t-il ? D'où proviendra votre Feu ? Si aujourd'hui vous ne protégez pas votre propre corps et continuez à laisser s'écouler la bodhi blanche ou la bodhi rouge, votre Feu inhabile pourra-t-il se produire ? Vous devez tout d'abord consolider le capital, consolider votre propre élément originel, votre vigueur ne sera alors pas perdue. Si votre vigueur ne se perd pas, votre Feu interne pourra être comme le vent qui tourne, c'est-à-dire comme une trombe ; si la trombe tourbillonne, le feu deviendra alors impétueux, et vous obtiendrez dans votre corps une grande quiétude et la félicité. Si je ne vous apprends pas cela aujourd'hui de cette façon, quand vous voudrez allumer votre Feu inhabile, comment pourra-t-il se produire ? Votre écoulement continuera encore !

Quand les filles veulent faire apparaître le Feu inhabile, les règles les importunent pourtant. Quand la bodhi rouge coule, c'est alors une gêne, comment pourriez-vous allumer votre Feu interne ? Les garçons, dès qu'ils sont comblés, connaissent l'écoulement. Dans leur rêve, se produit aussi l'écoulement ; dans la journée, pareillement ; après avoir vu un être féminin, c'est alors l'écoulement. Ayant vu une beauté féminine, ils éjaculent ; alors comment pourraient-ils faire apparaître le Feu inhabile ? Ah ! Vous faites pourtant apparaître des petits animaux ! Mais quel Feu inhabile allumez-vous ? En réalité, vous faites apparaître des gamètes, plusieurs dizaines de millions de spermatozoïdes (le maître vénérable rit). Que vont-ils engendrer ? Ils font des œufs. Quel genre d'œuf ? “L'œuf fécondé de l'homme.” Le pratiquant engendre des reliques, l'homme du commun engendre des enfants. Voilà la différence.

Effectivement, la méthode du non-écoulement contient beaucoup de procédés secrets. Je vous apprends ceux qui sont les plus simples : faites le mudrâ des Points serrés, faites monter le mot “Rom” dans l'espace, faites-le s'élever dans l'espace avec votre plus grande force. Il y a un ennui maintenant : celui qui ne dort pas la nuit, (l'assistance rit), s'efforce d'articuler dans son dortoir “Rom, Rom, Rom” ; dans ce dortoir-ci, c'est aussi “Rom”, dans ce dortoir-là, c'est pareillement “Rom” (l'assistance éclate de rire). Dans toute la caserne, on entend au petit matin “Rom, Rom, Rom”, et ceux qui voudraient dormir se trouvent pourtant dans l'impossibilité de le faire. Contre cela, il faut déterminer le moment de la pratique et seulement articuler “Rom” à une heure fixée et pas n'importe quand.

En faisant le mudrâ des Poings serrés, avec votre ch'i du Vase précieux, vous faites s'élever, en suivant le canal central, la bodhi blanche ou la bodhi rouge dans l'espace jusqu'à l'endroit le plus élevé. De toute façon, faites-la monter au sommet et, rapidement, votre vertex s'ouvrira. Il est certain qu'il s'ouvre, ce serait une tromperie si cela ne se produisait pas. Dans les jours qui vont venir, il vous suffit de la faire sortir, de la faire rentrer dans le cœur du maître Padmasambhava, vous atteindrez alors sa Terre pure et vous aurez une garantie d'y renaître. Si vous la faites sortir de temps en temps, elle ne s'égarera pas. Dans l'avenir, quand vous partirez, vous la ferez sortir de la même façon et ainsi vous arriverez à la Terre pure du maître Padmasambhava ; vous la transporterez dans le cœur de la déité d'élection (votre divinité personnelle) et l'installerez sur le lotus de son cœur.

Le mot “Rom” qui est en vous est précisément votre esprit originel. Il est tout simplement un mudrâ, un mantra, une visualisation, un procédé secret, un point essentiel ; avec tout cela, l'énergie du corps entier se dirige vers l'espace, le mot “Rom” s'envole dans le ciel et on le ramène ensuite. Si on ne le ramène pas, il se peut qu'on meure, car l'esprit originel s'en est allé. Cependant, bien qu'il soit sorti, parfois on ne le ramène pas, car il rentre tout seul : il ne veut pas s'en aller et revient quand même. Donc, ce n'est pas grave, si vous le transportez dans l'espace, faites-le rentrer dans le cœur de sa déité d'élection, autrement dit, arriver à sa Terre pure.

La méthode P'owa, les procédés secrets du non-écoulement et le ch'i du Vase précieux sont les premiers éléments importants. Mon maître me l'avait signalé, si vous les mettez en pratique, vous pourrez prouver le non-écoulement du premier degré. Petit à petit, vous n'aurez plus du tout 'écoulements et vous serez un véritable pratiquant. Vous consolidez votre capital, votre propre élément originel, vous le rendez entièrement solide, comment serait-il possible qu'il s'écoule ? En tant qu'être humain, on connaît donc l'écoulement. Pourquoi est-ce que l'homme vieillit et meurt ? Car quand tout s'est écoulé et qu'il n'en reste donc plus, la mort survient alors. Si vous pouvez le consolider, le conserver, vous pourrez alors vivre longtemps. Bien des disciples masculins, des pratiquants et des moines sont venus me dire : “Maître vénérable, j'ai un ennui, il est difficile d'en parler.” Je leur ai demandé quel était leur ennui. Ils ont répondu : “Un phénomène physiologique.” Je vous ai déjà dit aujourd'hui de pratiquer cette méthode du non-écoulement qui est essentielle. Vous faites s'élever le Point lumineux, c'est-à-dire que vous faites rentrer dans l'espace le mot “Rom” de couleur blanche et le retourne après dans tout votre corps. Quand le terme arrivera, vous pourrez mettre votre esprit, votre esprit existentiel, en action, et à ce moment-là vous serez une divinité, vous ne serez pas un homme ordinaire. Les gens du commun appartiennent tous à la catégorie de ceux qui connaissent l'écoulement. Puisque vous n'en avez pas, vous pouvez alors vous déclarer divinité et vous obtenez donc l'éternité.

Dans l'école taoïste, c'est “couper le dragon vert” et “arrêter le tigre blanc” ; dans l'école tantrique, c'est le non-écoulement absolu de la bodhi blanche et de la bodhi rouge. Cela est un procédé astucieux. Les sujets dont j'ai parlé aujourd'hui sont tous des procédés subtils. Faut-il en faire un enregistrement sur cassette vidéo ? Faut-il en faire un enregistrement sur cassette audio ? Ceux qui sont absents de cette cérémonie religieuse jouissent aussi du bonheur (le maître vénérable rit).

J'ai dit autrefois que la véritable félicité de la vie dépend du non-écoulement. Le corps qui connaît un écoulement éprouve seulement une joie passagère, très courte. Dites-le vous-mêmes ! Combien de secondes ? Combien de minutes ? Combien de temps votre jouissance dure-t-elle ? Un instant momentané. La jouissance d'un moment se change en affliction permanente. Un instant de jouissance, oh ! il est parti ! Il n'y en a plus ! Il y a eu l'écoulement, que faut-il faire ? Vous devez porter l'enfant dans vos bras, ah ! pendant toute la vie ! Vous allez mettre un enfant au monde, l'embrassez la vie durant, l'élevez toute existence ; c'est un souci constant. Il est venu à cause du karma. Catastrophe ! S'il est venu vous réclamer le paiement d'une dette, alors, vous êtes mort ! Ceux qui sont venus payer en retour le bienfait sont peu nombreux. Ah ! revaloir ! Au moment où vos cheveux blanchissent quasiment tous, où vos dents tombent et où vous ne pouvez plus ni absorber des aliments, ni marcher, seulement quelques-uns viennent vous rendre le bienfait. Mais la plupart viennent réclamer le paiement d'une dette.

La vraie félicité, c'est que votre corps se trouve en bonne santé, comme s'il baignait toujours dans le vent printanier. Quand vous n'aurez plus d'écoulement, vous pourrez sentir votre force physique infinie, la lumière illimitée, une joie qui dure bien longtemps. Vous pouvez les acquérir. Que le temps est long, il est éternel, rien n'est perdu, rien ne s'écoule, c'est la grande joie possédée par les saints. Ce dont l'homme du commun jouit est passager, trompeur. Ce qui vous permet d'avoir un instant de jouissance vous plonge ensuite dans une affliction permanente.

Quand vous aurez obtenu la grande joie infinie, alors votre état d'âme se transcendera, mais vous n'en saurez rien. Votre esprit séjournera dans le ciel, vous égalerez une divinité céleste du Monde du désir, une divinité qui est parmi toutes celles des cieux du monde céleste, celle que vous aurez obtenu. Dans ce genre de félicité indiscernable, dans cette grande joie éternelle, le corps illusoire se produira. Je veux le dire à tout le monde, c'est mon maître qui me l'avait instruit, le corps illusoire apparaît dans l'état de non-discrimination. Les soi-disant corps illusoires, tous les corps de métamorphose extérieur se manifestent uniquement dans l'état de non-discrimination. Lorsque vous ne vous trouvez pas dans l'état de non-discrimination, si vous dites que vous avez votre esprit originel et que vous pouvez manifester vos corps de métamorphose extérieur, c'est un mensonge. Quand vous serez capable de vous unir avec autrui, quand les phénomènes de tout le cosmos offriront l'apparence de l'égalité entre autrui et vous-même, c'est-à-dire la modalité de la non-discrimination, vous aurez seulement à ce moment-là le corps de métamorphose et le corps illusoire se manifestera. Pour prouver votre corps illusoire, c'est forcément par ce moyen que vous allez le démontrer.

Vous et votre déité d'élection, le bouddha Amitâbha ou Vajrasattva par exemple, vous êtes au début deux individus. Quand vous pratiquerez jusqu'à l'état de non-discrimination, vous pourrez faire des transformations : d'un coup, vous vous transformerez en Vajrasattva, vous deviendrez brusquement Padmasambhava, vous vous changerez soudain en bouddha Amitâbha. Pourquoi ? Dans l'état de non-discrimination, vous pourrez alors démontrer vos corps de transformation. Beaucoup de monde dit qu'il voudrait obtenir l'éternité, les chrétiens par exemple, ils parlent de la vie éternelle, si vous faites la discrimination, vous ne l'obtiendrez jamais. Pour atteindre la vie éternelle, il faut se trouver impérativement dans l'état de non-discrimination. Si vous prouvez par la pratique la non-discrimination et que vous prenez une attitude de parité entre vous et autrui, vous pourrez ainsi obtenir l'éternité. Ce procédé secret m'a été transmis par mon maître.

En conséquence, votre maître vénérable, en regardant les êtres vivants, les considère tous égaux, et la raison se trouve justement là. Si vous voulez prouver un tel état, il vous faut vous cultiver de cette manière. Bien que ce soit une théorie, si vous la mettez en pratique avec diligence, vous réussirez.

Je vais vous dire : bien des gens ayant des difficultés à trouver le sommeil, ayant mal dormi la nuit, sont venus prier le maître vénérable de leur donner une bénédiction. Après cela, ils dormaient bien pendant quelque temps ; mais un moment après, ils sont venus de nouveau. Je leur ai donné une bénédiction, mais peu après, ils sont revenus et je leur ai redonné une bénédiction. Cela est bien tout de même ! Si je vous donne la bénédiction, j'aurais plus de travail à faire (l'assistance rit). Mais j'espère que tout le monde arrivera à son but et dormira même dans la lumière.

Il existe en ce bas monde trois sortes de troubles. Le premier, c'est quand vous vous trouvez en état de confusion pendant la journée : vous voyez une jolie demoiselle, mais cette autre est mieux, vous abandonnez alors la première. Vous êtes dans un état troublé, désordonné, vos mauvaises pensées s'accumulent en grande masse. Le trouble dure tout au long de la journée. Dans le bouddhisme tantrique, on dit que c'est le bardo de jour. Si vous ressemblez à un spectre pendant la journée, ça s'appelle le spectre de jour. Si vous êtes dans un état de trouble dans la journée, vous n'êtes donc pas un pratiquant. Aujourd'hui vous pensez à l'argent, demain vous voudriez gagner au loto, et après-demain vous laisserez divaguer votre imagination, votre pensée vagabonde et en désordre : cela s'appelle le bardo de jour. Pendant la nuit, vous vous trouvez encore davantage dans cet état intermédiaire : vous êtes encore plus troublés. Vous faites un rêve, vous êtes bien conscients que c'était un rêve, vous le considérez pourtant comme réel, surtout vous êtes attirés par lui et énormément troublé. Ces rêves sont tous de la confusion. La journée, vous êtes troublés ; la nuit, vous vous trouvez dans l'état de confusion.

Quoi encore ? Après la mort, vous serez encore plus troublés car le physique n'existe plus, tout comme dans le rêve, à peu de chose près ! Ne vous troublerez-vous pas ? Vous n'aurez plus l'idée que vous êtes un pratiquant du bouddhisme tantrique. Comment pourriez-vous l'être ? Mon maître me l'avait dit : dans la journée, vous devez garder votre propreté, balayer vos mauvaises pensées, être un véritable pratiquant. Dans la nuit, hâtivement, vous priez les Trois Joyaux, votre déité d'élection et votre gourou-racine, vous les priez avec une grande sincérité de vous bénir pour que vous puissiez prolonger la pureté du jour et demeurer pur dans votre rêve, pour que vous soyez conscient de vous trouver dans le rêve, et pour que vous ne puissiez pas manquer au précepte. Vous pouvez également, en état de propreté, vous cultiver dans votre rêve.

Un procédé secret dont j'ai déjà parlé autrefois : réciter le mantra en Trois Mots sagaces : “Zang, Yang, Kang”. Zang, votre lit se transforme en lotus ; Yang, vous vous allongez sur le lit et vous transformez en Visvavajra (double pilon de diamant) ; Kang, une grande lumière se répand. Le lotus et le double pilon de diamant émettent une grande lumière dans l'espace. Voilà le procédé secret que je vous ai révélé. C'est la méthode de la “lumière du sommeil”. Vous dormez dans le trésor de la grande lumière. Il n'est pas évident que votre récitation du mantra “Zang, Yang, Kang” et que votre visualisation ne soient pas extrêmement distinctes, cependant, votre visualisation doit être absolument très claire, très nette. Vous priez ensuite votre gourou-racine, votre déité d'élection, votre défenseur du dharma et les Trois Joyaux : le Bouddha, le dharma, la sangha. Priez-les avec insistance et sincérité de vous bénir pour que vous puissiez dormir bien solidement dans le trésor de la grande lumière.

Mon maître m'avait instruit ce procédé secret. Pour cela, il faut les prier en toute sincérité pour que votre pratique de jour puisse se prolonger dans votre rêve de nuit. Sachez que vous vous trouvez dans l'état de rêve, et que, dans cette situation, vous pouvez vous cultiver. Si vous ne pratiquez pas la perfection dans le courant de la journée et que vous êtes capables de vous cultiver la nuit, ce serait une chose merveilleuse. Si vous ne pouvez pas pratiquer le jour, mais que dans votre sommeil vous vous dites : “Ah ! il me suffit de me cultiver la nuit”, vous agissez ainsi, parce que, dans votre vie antérieure, vous aviez un bon fondement ! Puisque ce dernier était excellent, vous pouvez donc pratiquer la perfection seulement la nuit ; dans la journée, il est complètement inutile de vous cultiver, vous ne pratiquez la perfection que la nuit.

Ce dont j'ai parlé aujourd'hui consiste à pratiquer le jour, à se cultiver pareillement la nuit, même on devient un spectre, et il faut savoir aussi pratiquer dans l'état intermédiaire. Certaines personnes se cultivent dans la journée, mais il n'est pas certain qu'elles soient capables de pratiquer la nuit. Quoi d'autre ? Quand on devient un spectre, la pratique devient encore plus difficile.

Mon maître m'avait appris la méthode de la pratique de nuit : Zang, l'ouverture du lotus ; Yang, le double pilon de diamant placé sur le lit ; Kang, une grande lumière répandue dans l'espace. Cela est un important procédé secret. Il y a le mantra, il y a une visualisation, il y a la bénédiction et il y a le mudrâ du Corps : se coucher en position du lion de bon augure, le mot “Ah” situé à la Roue de la gorge répand de la lumière rouge ; voilà le sommeil dans le trésor de la lumière. C'est une méthode très importante, extrêmement importante. Faites votre prière en toute sincérité. Quand vous vous couchez, faites souvent ainsi : priez votre gourou-racine, votre déité d'élection et votre protecteur radical du dharma de bénir votre pratique de jour et de vous bénir pour que vous n'oubliiez pas la pratique dans votre rêve, que vous puissiez y continuer le perfectionnement, que vous soyez conscients que c'est un rêve, et que vous ne vous y troubliez pas. Si vous êtes conduits par votre rêve et oubliez vos trois fondements (le gourou-racine, la déité d'élection, le protecteur du dharma), quand vous seriez dans l'état intermédiaire, vous seriez encore plus troublés et le samsâra dans les Six Voies vous attendra.

La visualisation du rêve est très importante. Mon maître me l'avait dit, la force de la prière est extrêmement importante. Vous ne pouvez pas dire : “Bien que je fasse des prières, prie les Trois Joyaux, supplie mon propre gourou-racine, implore ma propre déité d'élection et adjure le défenseur du dharma, de me bénir, je rêve encore à tort et à travers et j'ai toujours mal dormi. Que faut-il faire ?”

Vous visualisez à l'endroit de la Roue Svâdhishthâna le Point lumineux de couleur noire, repérez-le bien clairement, comme enseigné par mon maître, ainsi vous pourrez reconnaître que vous êtes dans le rêve. Quand ce dernier arrivera, vous le saurez, parce qu'avant dormir, vous aurez visualisé votre Point lumineux de couleur noire dans votre Roue Svâdhishthâna. C'est un procédé secret très important. J'ai révélé ici plusieurs procédés secrets importants que je n'avais jamais enseignés auparavant. Parfois, je les ai abordés de façon éparpillée, çà et là. Puisque vous n'écoutiez pas attentivement, j'ai donc dit que je ne les avais pas encore enseignés (rires) ! Car si je n'en parle pas, mon cœur en sera peiné. Ayant vu les disciples qui souffrent là-bas, mon cœur s'en attristera.

Je vais vous apprendre la méthode de la lumière pure. Quand vous vous procurez la grande joie, au moment où votre ch'i se met partout en action dans votre corps et que vous acquérez le non-écoulement, une grande félicité infinie peut se produire en vous. Si vous gardez constamment ce genre de grande félicité, vous pourrez acquérir la sagesse de la non-discrimination. Mais ce genre de grande joie ne peut encore être considéré comme l'achèvement définitif. Il vous faut continuer à ouvrir votre cœur, faire répandre de la lumière de votre Roue du cœur. Pour cela, il faut utiliser votre chaleur interne, la faire s'élever jusqu'au lotus aux mille pétales pour qu'elle fonde ici (à la Roue de la glabelle) la bodhi blanche et qu'elle la fasse goutter vers le bas, descendre tout droit. C'est le mot “Ran” qui s'écoule vers le bas, qui descend du lotus aux mille pétales, alors que la chaleur interne s'élève. Le mot “Ran” descend dans le cœur, s'y fond et ouvre ensuite la Roue du cœur et ainsi la lumière se manifeste. Il vous suffit d'ouvrir votre Roue du cœur, ainsi la lumière pure se répandra.

En général, on se cultive et on parvient d'abord à l'état de grande joie, c'est l'état des dieux célestes du Monde du désir ; ensuite, on atteint le Monde de la forme, c'est un état de la lumière ; par la suite, on arrive au Monde de l'absence de forme, c'est-à-dire l'état de vacuité. Pour que la Roue du cœur s'ouvre, je vous le signale, vous devez également pratiquer le yoga. Pour cela aussi, il faut faire du yoga. Vous voudriez ouvrir votre Roue du cœur, il vous faut alors pratiquer le yoga. L'ouverture de la Roue du nombril permet d'avoir la connaissance des existences antérieures ; l'ouverture de la Roue du cœur permet l'apparition de la lumière : la lumière pure se manifeste ; l'ouverture de la Roue de la gorge permet d'acquérir le pouvoir surnaturel ; quand la Roue de la glabelle s'ouvrira, le Tathâgata se montrera, et la nature de bouddha se manifestera. Vous voudriez comprendre le Tao, saisir la vraie sagesse du Tathâgata, il faut que votre Roue de la glabelle s'ouvre.

Cela se divise donc en trois états spirituels : le premier, c'est l'état de grande joie ; le second, c'est l'état de lumière ; le troisième, c'est la vacuité suprême, l'état de nature de bouddha du Tathâgata se manifeste.

Donc, mon maître avait indiqué que si on est maître de son souffle spirituel, on pourrait prouver le corps de bouddha. Comment s'élève la chaleur interne ? J'en ai déjà parlé tout à l'heure. Je vous ai instruit la méthode de la chaleur interne et comment appliquer votre chaleur interne en la faisant monter jusqu'à la Roue du cœur. Vous visualisez ensuite que le mot “Ran” descend, que la moitié du mot “Ah” s'élève et que tous les deux s'unissent dans la Roue du cœur. Si vous faites souvent l'union et la fusion du feu et de l'eau dans votre Roue du cœur, dès que celle-ci s'ouvre, la lumière se répandra naturellement partout. Voilà la méthode de la lumière pure.

Je vous explique le soi-disant bardo. On en a déjà parlé tout à l'heure : il s'agit non seulement de l'état des âmes après la mort, mais aussi dans la journée, elles le sont aussi. Car, à ce moment, vous êtes dans le même état d'âme, c'est-à-dire que votre esprit se trouve distrait, flottant tout comme un cadavre ambulant, une chair qui marche ; cet état-là s'appelle aussi le bardo. La période du sommeil nocturne est encore plus considérée comme l'état intermédiaire, c'est le bardo du rêve. Après la mort, les mânes se trouvent bien plus souvent dans le bardo.

Alors, la méthode qui vous permet de ne pas vous trouver dans le bardo et que m'avait transmise mon maître, c'est de songer souvent que vous êtes vous-mêmes une déité d'élection. Pourquoi n'y pensez-vous pas franchement ? Vous êtes un pratiquant, vous pratiquez la méthode de la déité d'élection Avalokitésvara, pourquoi ne pensez-vous pas de temps en temps que vous êtes Avalokitésvara ? Dans la journée, vous êtes aussi Avalokitésvara. Oh, la visualisation d'Avalokitésvara ne se fait pas à tort et à travers ! Il ne se peut pas qu'Avalokitésvara ait un bras de plus, qu'il ait trois bras (allusion chinoise au voleur à la tire). Oui ! Il y a Avalokitésvara aux quatre bras, Avalokitésvara aux mille bras, ils sont extrêmement majestueux, ils sont les mains qui secourent les êtres vivants. Dans la journée, imaginez de temps en temps que vous êtes une déité d'élection ; nous, les pratiquants, il nous faut aussi nous transformer en une déité d'élection. Le plus important, c'est que, quand vous serez dans l'état intermédiaire, quand vous n'aurez plus que l'âme, vous devrez pareillement penser que vous êtes une déité d'élection.

Si vous pouvez ainsi penser tout le temps que vous êtes un bouddha Amitâbha, toutes vos conduites, tous vos mouvements sont donc un mudrâ, votre voix est alors un mantra. Dans le rêve aussi, vous devez vous transformez en une déité d'élection. La chose la plus importante pour les pratiquants consiste à penser toujours, à n'importe quel moment, qu'ils sont une déité d'élection. Ainsi vous aurez la réalisation. C'est une très grande méthode de réalisation, c'est mon maître qui me l'avait transmise. Il m'avait signalé que se transformer dans le bardo en une déité d'élection est une chose très importante. Tout le monde considère que la transformation en déité d'élection est facile à réaliser, pourtant vous l'oubliez souvent. Vous oubliez votre déité d'élection, vous l'oubliez trop souvent. Vous voyez, dans la cérémonie d'aujourd'hui, qu'il est nécessaire que les maîtres portent une couronne à cinq bouddhas ; bien que certains maîtres ne la portent pas, il leur faut visualiser tout le temps que les cinq bouddhas se trouvent au sommet de leur tête, que les cinq bouddhas soient installés au sommet de leur tête. Vous pouvez vous lever pour dire : “Maître vénérable, bien que je ne porte pas sur la tête la couronne à cinq bouddhas, je visualise cependant que les cinq bouddha y sont constamment installés !” Oh ! Pour cela, tout le monde l'applaudit !

À toute heure, à chaque instant, votre gourou-racine se situe au sommet de votre tête, votre déité d'élection se trouve au sommet de votre tête, votre défenseur du dharma demeure au sommet de votre tête. D'où proviennent vos méthodes de réalisation ? Le gourou-racine, la déité d'élection et le défenseur du dharma vous les transmettent et vous bénissent. Vous savez visualiser souvent dans le courant de la journée que vous êtes une déité d'élection ; dans votre rêve nocturne, vous êtes aussi une déité d'élection ; même après la mort, en devenant un spectre, vous vous transformerez également en déité d'élection. Alors, comment ne réussiriez-vous pas ? Le succès est certain. Mon maître me l'avait indiqué, c'est aussi un important procédé secret ! Très important, extrêmement important.

Tout le monde me demande souvent : “Comment entrer dans le samâdhi ?” Questions : qu'est-ce que la vacuité ? Comment entrer dans l'état de vacuité ? Comment s'introduire dans l'état du vide ? En fermant les yeux, on voit la couleur noire ou rouge, parfois noire, parfois rouge, est-ce que cela est l'état de la vacuité ? Non, ce n'est pas cela. Qu'est-ce que l'état de vacuité ? La non-manifestation de la mauvaise pensée est-elle l'état de vacuité ? Oui, c'est exact. Pourtant, la mauvaise pensée, vous la concevez de temps en temps, vous ne l'arrêtez jamais.

Comment entrer dans l'état de vacuité ? Le procédé secret instruit par mon maître dit : vous vous transformez vous-même en mot “Rom”. On écrit un “Rom”, on devient alors un “Rom”, ce mot disparaît ensuite progressivement par la fin. Alors, le mot “Rom” n'existe plus ! Qu'est-ce que l'inexistence ? L'inexistence, c'est précisément la vacuité. Ce procédé secret est fort considérable. Quand vous voulez entrer dans le samâdhi, vous et votre déité d'élection vous mettez en action, votre ch'i circule, tous les mots du mantra pénètrent en volant dans votre cœur, de là ils sortent et s'envolent jusqu'au cœur de la déité d'élection chacun à leur tour. Finalement, vous vous transformez en mot “Rom” ; ensuite, ce mot “Rom” commence par la fin à disparaître vers le haut, puis il se retire et s'éclipse ; le disque de la lune n'existe plus, le disque du soleil se trouve pareillement introuvable ; tout disparaît ! Vous ne pensez à rien, votre physique disparaît également et vous entrez dans le samâdhi de la grande vacuité. C'est un procédé secret très important.

Si vous appliquez souvent ce genre de méthode, l'entrée dans la méditation sera facile à réaliser et l'état méditatif de Samaya se manifestera. Quelle heure est-il ? Oh ! l'heure du repas est passée (l'assistance rit).

Effectivement, la culture du souffle, la méthode du yoga, la méthode interne et la méthode externe se mettent alternativement en action. La méthode du yoga sert tout à fait à cultiver le ch'i. On le laisse tout d'abord s'introduire dans le canal central d'énergie, on utilise ensuite la chaleur interne et le suc lunaire du cœur de bodhi, tous les deux se fusionnent, ce qui permet d'ouvrir totalement les Cinq Roues, les deux éléments fusionnés circulent ensuite dans toutes les roues et les canaux d'énergie ; ainsi les centaines et milliers de petits canaux deviennent complètement et parfaitement communicants. À ce moment-là, votre corps possède non seulement la grande joie, mais aussi la lumière pure. L'entrée dans les Cinq Grandes Sagesses du Tathâgata, vous pourrez toujours la réaliser. Si vous cultivez votre esprit et votre souffle, vous pourrez prouver les phénomènes manifestés par les Cinq Sagesses du Tathâgata, ces phénomènes se manifesteront totalement. La valeur de la vie se trouve justement là-dedans, elle ne consiste pas à rechercher les choses matérielles. Vous voyez bien que les choses matérielles de ce monde, qui peut les posséder réellement ? Personne ne peut les acquérir vraiment ni les perdre véritablement. Aujourd'hui, je vous ai délicatement expliqué ces quelques procédés secrets essentiels, cependant, vous devez aussi connaître la méthode du yoga, c'est-à-dire comment seconder le ch'i qui circule partout dans votre corps, et pouvoir réussir une réalisation parfaite et complète. À l'extérieur, c'est le yoga ; à l'intérieur, c'est la pratique du souffle, du Point lumineux et des canaux d'énergie. Vous allez ensuite corroborer la sagesse du Tathâgata.

Bien que je vous instruise aujourd'hui seulement les points capitaux des procédés secrets, pourtant, ils sont tous très importants.

Merci à vous tous !

Om Mani Padme Hum.

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